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Comment faire un rapport ESG avec Odoo ?

Bilan carbone calculé depuis les factures, rapport VSME en un clic : la méthode de l'application ESG d'Odoo 20 et les réglages qui comptent.
28 octobre 2026 par
Comment faire un rapport ESG avec Odoo ?
Hors du Commun, Billy Felicie
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Pour faire un rapport ESG avec Odoo, on installe l'application ESG, on charge les facteurs d'émission de l'ADEME, on associe un facteur à chaque type d'achat, puis Odoo calcule les émissions de gaz à effet de serre à partir des factures fournisseurs et génère le rapport au format VSME. Dans Odoo 20, le document complet sort d'un bouton Imprimer : 39 pages pour la PME industrielle qui nous sert d'exemple.

Ce n'est ni un tableur de plus ni un logiciel de bilan carbone à part. Les émissions se calculent sur les données que l'entreprise saisit déjà pour sa comptabilité, ses salariés et ses véhicules. Le travail se situe ailleurs : choisir les bons facteurs, poser les bonnes règles et relire le résultat. Cet article montre la méthode de l'application, écran par écran, sur une entreprise fictive construite dans une base Odoo 20, puis les réglages qui séparent un rapport juste d'un rapport approximatif.

Odoo sait-il vraiment produire un rapport ESG ?

Oui. Odoo 19 et Odoo 20 proposent une application ESG, pour environnement, social et gouvernance, organisée en trois temps que l'on retrouve dans ses menus : collecter, mesurer, agir. Elle couvre les trois volets que demandent les clients, les banques et les assureurs d'une PME.

  • L'environnement : l'empreinte carbone par portée, de la portée 1 (combustibles brûlés sur site et dans les véhicules) à la portée 3 (achats, transport, déchets, trajets des salariés).
  • Le social : effectifs par genre et par âge, écart de rémunération entre femmes et hommes, tirés de l'application Employés.
  • La gouvernance : des métriques rattachées aux normes européennes ESRS, avec une analyse de double matérialité, et des actions de réduction suivies dans le temps.

Le rapport lui-même se génère dans le format VSME, la norme volontaire que l'EFRAG a écrite pour les PME. Odoo propose aussi un modèle de rapport CSRD pour les entreprises qui y sont soumises. Il ne s'agit donc pas d'un tableau de bord décoratif : c'est un document structuré, section par section, qu'une entreprise peut transmettre à un donneur d'ordre.

Une main tient une feuille tamponnée d'un grand WTF rouge

Toi quand ton principal client réclame ton bilan carbone pour la fin du mois, et que tu n'as jamais ouvert le moindre facteur d'émission.

Pourquoi partir de l'ERP plutôt que d'un outil de bilan carbone séparé ?

Parce que l'essentiel des émissions d'une PME passe par ses achats, et que ses achats sont déjà dans sa comptabilité. La tôle, l'électricité, le gaz, le gazole, le transporteur, l'hôtel des commerciaux : chaque poste a une facture fournisseur, un montant, souvent une quantité. Un outil séparé oblige à extraire ces données, à les recopier, puis à refaire l'exercice l'année suivante. Dans un ERP, elles sont là, datées, rattachées à un fournisseur et à un compte.

La documentation d'Odoo le dit sans détour : l'application lit les écritures comptables, et seulement celles des comptes qui portent une consommation réelle.

« Odoo collects activity data from journal entries posted to expense and asset accounts. […] Only these account types are considered for carbon footprint calculations, in line with the Bilan Carbone methodology. » (Odoo, documentation de l'application ESG, version 20.0, 2026)

Le second avantage est la traçabilité. Chaque tonne du rapport remonte à une ligne de facture, avec son facteur, sa méthode de calcul et son incertitude. Quand un client ou un auditeur demande d'où vient un chiffre, on ouvre la facture. Et comme tout est connecté, les salariés, les véhicules et le chiffre d'affaires viennent des mêmes données que la paie, le parc automobile et la facturation.

Odoo n'est d'ailleurs pas arrivé sur ce terrain par hasard. Sa communauté open source travaille depuis plusieurs années sur la comptabilité carbone : l'OCA, l'association qui maintient les modules libres d'Odoo, publie un dépôt de modules consacré au suivi du CO2 dans la comptabilité, présenté lors de ses journées techniques de 2023 et de 2024. L'application ESG de l'éditeur reprend la même idée, celle d'un ERP qui porte déjà toutes les données d'activité, et la rend accessible sans développement.

Comment Odoo calcule-t-il les émissions, concrètement ?

La formule est celle de toute comptabilité carbone : donnée d'activité multipliée par facteur d'émission. Ce qui change, c'est la façon dont Odoo alimente chacun des deux termes.

Les facteurs d'émission : ADEME et GIEC en un clic

Dans le menu Configuration, Bases de données, deux bases se chargent d'un bouton : celle de l'ADEME et celle du GIEC. Dans notre base de démonstration, plus de 17 000 facteurs sont arrivés ainsi, dont la version de juin 2026 de la base ADEME. Chaque facteur porte une portée, une source (achats de biens, électricité, combustibles, déchets…), une unité, une incertitude et une méthode de calcul.

Les bases de facteurs d'émission ADEME et GIEC dans l'application ESG d'Odoo 20
Capture issue d'Odoo 20 : les bases ADEME et GIEC, chargées depuis la configuration de l'application ESG.

Deux méthodes : en quantités ou en euros

Un facteur physique multiplie une quantité : 0,0519 kg de CO2e par kWh pour l'électricité du réseau français en 2024, 3,10 kg par litre de gazole, 2 211 kg par tonne d'acier neuf. Un facteur monétaire multiplie un montant : 0,317 kg par euro de produits métalliques, 0,075 kg par euro de services informatiques. La différence se voit sur l'incertitude affichée par Odoo : 10 % pour l'électricité ou l'acier comptés en quantités, 80 % pour les ratios monétaires de l'ADEME.

Fiche du facteur d'émission de l'électricité du réseau 2024 dans Odoo 20
Capture issue d'Odoo 20 : le facteur de l'électricité du réseau 2024, en kgCO2e par kWh, avec sa portée, son incertitude et sa base d'origine.

Les règles d'attribution : le facteur arrive tout seul sur la facture

Reste à dire à Odoo quel facteur appliquer à quel achat. C'est le rôle des règles d'attribution : un facteur par article, par fournisseur ou par compte comptable, l'article l'emportant sur le fournisseur, et le fournisseur sur le compte. Une fois les règles posées, le comptable saisit ses factures comme avant, et chaque ligne reçoit son facteur à l'enregistrement. Un bouton applique aussi une règle rétroactivement sur une période, et une assistance par l'IA peut proposer un facteur pour les lignes restées sans règle, en consommant des crédits achetés à part.

Facture fournisseur de tôle d'acier avec le bouton des émissions calculées dans Odoo 20
Capture issue d'Odoo 20 : une facture de 26 tonnes de tôle ; le bouton en haut affiche les 57 574 kgCO2e calculés à partir de la quantité.

Deux autres sources complètent la comptabilité. Le parc automobile et les fiches salariés donnent les trajets domicile-travail : distance, nombre de jours sur site, émissions du véhicule. Et une saisie manuelle couvre ce qui n'a pas de facture, comme une fuite de fluide frigorigène ou des déchets enlevés gratuitement.

À quoi ressemble le résultat sur une vraie PME ?

Pour le montrer, nous avons construit dans une base Odoo 20 une entreprise fictive mais réaliste : une PME de tôlerie et de mécano-soudure de 38 salariés, 5,8 millions d'euros de chiffre d'affaires, un seul site. Son année 2025 tient en 209 factures fournisseurs, 31 véhicules pour les trajets domicile-travail et une presse plieuse achetée en cours d'année. Aucune émission n'a été saisie à la main.

Rapport Empreinte carbone 2025 par portée dans l'application ESG d'Odoo 20
Capture issue d'Odoo 20 : l'empreinte carbone 2025, 1 098 tCO2e réparties par portée et par poste.

Le résultat tient en une ligne : 1 098 tonnes de CO2e, dont 85 % en portée 3. La seule tôle d'acier achetée pèse 68 % du total, loin devant le gaz du four de cuisson et le gazole des utilitaires. C'est typique d'une entreprise de transformation, et c'est exactement ce qu'un tableur à base de ratios en euros aurait mal mesuré. L'analyse carbone compare ensuite les années et les portées : en 2026, l'entreprise y suit l'effet de son passage de 29 % à 45 % d'acier recyclé dans ses achats de tôle.

Analyse carbone par portée sur 2025 et 2026 dans Odoo 20
Capture issue d'Odoo 20 : l'analyse carbone par portée, l'année 2025 complète face aux neuf premiers mois de 2026.

Le rapport complet de cette entreprise, tel qu'Odoo l'a généré, se télécharge gratuitement, avec trois pages de lecture que nous avons ajoutées en tête : la répartition des émissions, ce qu'Odoo calcule seul et ce que l'entreprise apporte. Nous vous invitons à le consulter ici : l'exemple de rapport ESG généré par Odoo 20.

Une femme s'exclame, étonnée, que ça marche

Toi quand les 209 factures de l'année se transforment en bilan carbone sans une seule ligne recopiée dans un tableur.

Que contient le rapport VSME généré par Odoo ?

Le VSME est la norme volontaire de durabilité pour les PME, rédigée par l'EFRAG. Elle n'oblige personne, mais elle est devenue le langage commun entre une PME et ceux qui l'interrogent sur son impact. La Commission européenne pousse dans ce sens.

« The Commission encourages large companies and financial institutions that seek sustainability information from SMEs to base their requests on the voluntary standard as far as possible. » (Commission européenne, recommandation sur la norme VSME, 30 juillet 2025)

Odoo génère ce rapport comme un article de l'application Connaissances, découpé selon les sections de la norme : B1 à B11 pour le module de base, C1 à C9 pour le module complet. Les chiffres sont des variables calculées au moment de l'impression : effectifs par genre et par âge, écart salarial horaire médian, chiffre d'affaires, émissions totales, intensité carbone. Le rapport Empreinte carbone y est intégré tel quel.

Section B3 du rapport VSME dans l'application Connaissances d'Odoo 20
Capture issue d'Odoo 20 : la section B3 du rapport VSME, énergie et émissions, dans l'arborescence du rapport.

Ce que le rapport ne devine pas, l'entreprise le complète : la description de son activité et de son site, sa consommation d'énergie en MWh, ses objectifs de réduction, ses tonnages de déchets, ses politiques. Le modèle signale ces passages entre crochets, ce qui évite la page blanche sans donner l'illusion d'un rapport écrit tout seul. Pour une PME, la question n'est donc pas d'être conforme à une obligation, mais de répondre proprement à ceux qui en ont une.

Que demande la réglementation en France ?

En France, l'obligation la plus ancienne n'est pas la CSRD mais le bilan d'émissions de gaz à effet de serre, le BEGES. L'article L229-25 du code de l'environnement l'impose aux entreprises de plus de 500 salariés (250 en outre-mer), avec une mise à jour tous les quatre ans et une amende qui peut atteindre 50 000 €, 100 000 € en cas de récidive.

Une PME de 38 salariés comme celle de notre exemple n'y est pas soumise. Ses grands clients, eux, le sont : pour mesurer leurs propres achats, ils interrogent leurs fournisseurs. C'est par eux que la demande arrive dans une PME, sous forme de questionnaire ou de demande de rapport VSME.

La CSRD a été resserrée par la directive Omnibus de 2026 : elle ne vise plus que les entreprises de plus de 1 000 salariés et de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires, et la France doit la transposer avant le 19 mars 2027. Le VSME reste donc, pour une PME française, le format de réponse le plus utile.

Côté méthode, une entreprise française a deux atouts dans Odoo. La base de l'ADEME, celle qui sert de référence aux bilans réalisés en France, se charge en un clic. Et l'électricité française pèse peu : dans notre exemple, 602 MWh consommés ne font que 31 tonnes, moins de 3 % du total. L'effort porte donc sur les achats de matière et sur le gaz.

Quels réglages font la différence entre un rapport juste et un rapport approximatif ?

L'application fait le calcul. Elle ne choisit pas les hypothèses. En construisant notre exemple, nous avons relevé sept réglages dont l'absence fausse le résultat, parfois de façon visible, parfois sans que personne s'en aperçoive.

  1. Retenir les facteurs récents. La base ADEME contient plusieurs millésimes pour un même poste : l'électricité du réseau existe de 2011 à 2024. Un facteur ancien ou étranger passe inaperçu.
  2. Compter en quantités ce qui pèse lourd. Énergie en kWh, gazole en litres, matière en tonnes, avec des articles dont l'unité de mesure est la bonne : l'incertitude passe de 80 % à 10 %.
  3. Écrire des règles d'attribution pour chaque achat récurrent. Sans elles, les lignes « à définir » s'accumulent et le total est sous-estimé.
  4. Neutraliser les dotations aux amortissements avec le facteur « Zero Emission » fourni par Odoo : une machine se compte l'année de son achat, pas une seconde fois à travers ses amortissements.
  5. Ranger les trajets domicile-travail en portée 3. Odoo livre ce facteur en portée 1 (combustion mobile), alors que le GHG Protocol classe ces trajets en portée 3 : sur notre exemple, une vingtaine de tonnes changeaient de portée.
  6. Compléter les fiches salariés : type « Employé », calendrier de travail réel, date de naissance, salaire. Un calendrier inadapté suffit à diviser par quatre le salaire horaire calculé, et donc à fausser l'écart salarial.
  7. Relire avant de diffuser. Dans Odoo 20, le chiffre d'affaires du rapport sort avec un signe négatif, certains nombres sans arrondi, et le libellé du code NACE en anglais : on les corrige dans l'article du rapport.
Liste des règles d'attribution des facteurs d'émission dans Odoo 20
Capture issue d'Odoo 20 : les règles d'attribution, par article pour l'énergie et l'acier, par fournisseur ou par compte pour le reste.

Par où commencer quand on est une PME ?

Par la qualité de la comptabilité. L'application ESG ne vaut que ce que valent les factures fournisseurs : des achats imputés sur le bon compte, des articles plutôt que des libellés libres, des quantités renseignées pour l'énergie et la matière. Si votre comptabilité dans Odoo reste à fiabiliser, c'est le premier chantier, et nous le détaillons sur notre page consacrée à la comptabilité pour PME.

Ensuite, partir d'un exercice clos plutôt que de l'année en cours : les factures sont complètes, le chiffre d'affaires est arrêté, et le rapport servira d'année de référence pour les objectifs. Dans l'industrie, les achats de matière et l'énergie concentrent presque toujours l'essentiel du bilan ; c'est là qu'il faut soigner les quantités en premier. Nous accompagnons des entreprises de production sur ces sujets, comme nous l'expliquons sur notre page Odoo pour l'industrie.

Enfin, se donner une cible simple et la suivre dans Odoo : l'application propose des actions avec une valeur de référence, une valeur cible et un historique, ce qui transforme le rapport annuel en tableau de bord de l'année suivante. L'attribution par l'IA et la plupart des écrans de cet article sont ceux de la dernière version, dont nous présentons les autres évolutions dans les nouveautés d'Odoo 20.

Sources et liens utiles évoqués dans cet article :
Billy Felicie, expert en intégration Odoo chez Hors du Commun

Article rédigé par Billy Felicie

Expert en intégration Odoo chez Hors du Commun (Lyon). J'accompagne les PME dans la mise en place de leurs outils numériques et l'optimisation de leurs processus métiers depuis plus de 5 ans.

Comment faire un rapport ESG avec Odoo ?
Hors du Commun, Billy Felicie 28 octobre 2026
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